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ABADIA DE NOSSA SENHORA DE FONTGOMBAULT  CELEBRA TODA A LITURGIA  NA REFORMA DO MISSAL FEITA POR SÃO JOÃO XXIII
EM 1962 E LIBERALIZADA POR SUA SANTIDADE BENTO XVI EM 7/7/2007 COM O MOTU PRÓPRIO "SUMMORUM PONTIFICUM".
ACTUALMENTE A COMUNIDADE CONTA COM CERCA DE 60 MONJES E FUNDOU MAIS OUTRAS 5 ABADIAS DE QUE ELA É A CASA-MÃE,
TODAS REZAM O BREVIÁRIO MONÁSTICO EM LATIM E A A SANTA MISSA É SEMPRE CELEBRADA NA FORMA EXTRAORDINÁRIA EM
FORMA SOLENE E CANTADA EM GREGORIANO.


  

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segunda-feira, 14 de agosto de 2017

SAINT Maximilien Kolbe, fêté le 14 Aout. Sa théologie mariale. Une théologie mariale qui mérite d'être connue!


 

Maximilien Kolbe, fêté le 14 Aout.
  

SAINT MAXIMILIEN-MARIE KOLBE Prêtre, confesseur, apôtre de l’Immaculée Conception (1884-1941) 

Une vie sous le signe de l’Immaculée

Il y a ce que l’on sait déjà et qui pourtant nous émerveille toujours : le choix que fit l’enfant, âgé de 12 ans : Marie lui apparut, tenant 2 couronnes, l’une blanche, l’une rouge, symbolisant la pureté et le martyr. Et il choisit les deux. 
Né dans la Pologne occupée par la Russie des Tsars, Raymond Kolbe finira sa vie dans la Pologne occupée par les Nazi…Mais entre temps, il prépare sa " couronne rouge" par la "couronne blanche" et son horizon s’élargit au monde entier. Cet élargissement passe par la vocation franciscaine : il prend le nom de Maximilien-Marie. Son entrée chez les franciscains fut déterminée…par la vocation peu commune de ses parents : Ils ont confiés leurs enfants aux franciscains et une fois les 2 fils élevés, ils viennent annoncer qu’ils ont décidé d’un commun accord de consacrer totalement à Dieu le restant de leurs jours, le père chez les franciscains de Cracovie, la mère chez les bénédictines de Lwow. Raymond qui hésitait à rester dans le monde comprend cela comme un appel pour lui aussi et devient frère Maximilien-Marie. 
Et fait tout par Marie. Création de la Milice de l’Immaculée…avec sept amis. Fondation du mensuel : " Le Chevalier de l’Immaculée"…avec quelques machines ultra-modernes. Car il sait que Marie élargira tout ce qu’il fait aux dimensions du monde. Quand à lui, sa santé est précaire, mais il évangélise sans cesse. Jusqu’à, lorsqu’il le faut, entrer par la fenêtre lorsque l’on le chasse par la porte ! Non pas au sens figuré, mais au sens propre, il l’a fait une fois, et peut-être plus, mais cette fois-là, il a été remarqué passant par la fenêtre pour continuer une conversation qui espérons-le, a abouti à une conversion. Rien n’arrêtait au sens propre comme au sens figuré cet évangélisateur passionné. 
"L’Immaculée fut l’inspirtrice de toute sa vie. C’est à elle qu’il confia son amour du Christ et son désir de martyr. Dans le mystère de l’Immaculée Conception se révéla devant les yeux de son âme le monde merveilleux et surnaturel de la Grâce divine offerte à l’homme" [1
En 1930, il part implanter sa seconde cité de Marie au Japon, celle-là même qui se trouve sur les côteaux de Nagasaki. il avait tout simplement rencontré des japonais dans le train, leur avait distribué des médailes de la rue du bac et ensuite, enthousiaste, avait demandé la permission de partir évangélisé le Japon. Son supérieur, n’y croyant pas trop, n’avait pensé interdire le projet…« Avez-vous de l’argent ? demande le Père provincial - Non. - Savez-vous le japonais ? - Non. - Avez-vous, du moins, des amis là-bas, quelque appui ? - Pas encore, mais j’en trouverai, avec la grâce de Dieu ».. 
Pour la construction de sa cité de l’Immaculée,, en Japonais " Mugenzai no sono", littéralement " Le Jardin de l’Immaculée" Kolbe précise la disposition et le lieu avec une confiance en Marie toute prophétique : éloignée juste ce qu’il faut du centre, la Cité ne sera pas détruite par la bombe atomique. 
"La foi et les oeuvres de toute la vie du père Maximilien montrent qu’il considérait sa coopération avec la grâce divine comme une bataille sous sous la bannière de l’Immaculée Conception. Cette caractéristique mariale est particulièrement exprimée dans la vie et la sainteté du père Kolbe. Tout son apostolat, aussi bien dans sa patrie que dans les missions était similairement placé sous ce signe. En Pologne et au Japon les centres de cet apostolat étaient spécialement les cités de l’Immaculée-Niepokolanow en Pologne et Mugenzai no Sono au Japon." [2
Il revient en Pologne en 1936 après être passé par l’Inde… En 1938, la cité de l’Immaculée de Pologne comporte 800 membres dont 622 frères et postulants, 13 prêtres et 122 séminaristes. Ce couvent ultra moderne et tout-à-fait franciscain publie la revue le " Chevalier de l’Immaculée" à un million d’exemplaires et les 7 premiers membres de la Milice de l’Immaculée étaient devenus…700 000 ! 
Il se confie à Thérèse de Lisieux avec laquelle il a conclu un pacte depuis longtemps, priant chaque jour pour sa canonisation.( En 1925) En retour elle est la patronne de ses oeuvres. 
Son apostolat extrêmement varié, de la distribution de milliers de médailles de la rue du Bac, aux journaux, en passant par le cinéma…et surtout la sainteté personnelle, est stoppé par les Nazi. Il avait souffert d’être démis de ses fonctions par ses supérieurs, de voir aussi ses frères remettre en cause le rôle de l’Immaculée dans la mission au Japon et les dissenssions internes se répandre, il souffrit aussi d’être livré aux Nazi par un ancien frère qu’il avait dû renvoyer pour traffic d’argent. Cependant, il eut le temps de confier à ses frères, avant son arrestation, qu’il avait la certitude du Ciel et que cette grâce lui avait été faite au Japon. Il encourageait chacun encore et toujours à l’amour de l’Immaculée. 
Il meurt dans le bunker de la faim, ayant pris la place d’un père de famille, le 14 aout 1941 à Auschwitz. 
" Le père Maximilien Kolbe, lui-même prisonnier du camp de concentration, défendit dans ce lieu de mort le droit d’un homme innocent à la vie. Le père Kolbe défendit son droit à la vie, déclarant qu’il était prêt à aller à la mort à la place de cet homme qui était père de famille et parce que sa vie étaient nécéssaires pour les siens. En cela, le père Maximilien-Marie Kolbe réaffirma le droit exclusif du Créateur sur toute vie humaine innocente. Il a porté témoignage au Christ et à l’Amour. Car l’Apôtre Jean écrit : " Nous reconnaissons l’amour à cela, qu’il est mort pour nous. Et nous devrions donner nos vies pour nos frères" ( I Jean 3 : 16) [3
Avec neuf autres, il fut conduit au bunker de la mort. La Providence permit qu’un prisonnier polonais y fut employé par les geôliers. Grâce à lui, nous savons ce que fut la mort de Maximilien Kolbe. Voici son récit : 
« Je faisais alors office de secrétaire et d’interprète dans ce souterrain. En repensant à l’attitude sublime que cet homme héroïque a eue en face de la mort, à l’étonnement des gardes de la Gestapo eux-mêmes, je me souviens encore avec précision des derniers jours de sa vie. (…) 
« Les dix prisonniers du bloc 14, furent contraints de se déshabiller entièrement, devant le bloc où se trouvaient déjà environ vingt autres victimes d’un précédent “ procès ”. Les nouveaux arrivants furent emmenés dans une cellule séparée. En refermant, les gardes ricanèrent : “ vous vous dessécherez comme des tulipes ! ” 
« Depuis ce jour-là, ils n’eurent plus aucune nourriture. Chaque jour, les gardes faisaient les visites de contrôle et ordonnaient d’emporter les cadavres de ceux qui étaient morts dans la nuit. 
« De la cellule où se trouvaient les malheureux, on entendait chaque jour des prières récitées à haute voix, le chapelet et des chants religieux, auxquels les prisonniers des autres cellules se joignaient. Quand les gardes étaient absents, je descendais dans le souterrain pour parler avec eux et les réconforter. Les prières ferventes et les hymnes à la Vierge se diffusaient dans tout le souterrain. J’avais l’impression d’être à l’église. Le P. Maximilien commençait, et tous les autres répondaient. Quelquefois ils étaient si plongés dans leurs prières qu’ils ne s’apercevaient pas que les gardes arrivaient pour la visite habituelle ; finalement, ce sont les cris de ceux-ci qui les faisaient taire. 
« Quand on ouvrait les cellules, les pauvres malheureux sanglotaient et imploraient un morceau de pain et un peu d’eau, ce qu’on leur refusait. Si l’un des plus forts s’approchait de la porte, il recevait aussitôt des coups de pied au ventre, et en retombant en arrière sur le ciment il se tuait, ou bien on l’abattait. (…) 
« Le P. Maximilien Kolbe se comportait héroïquement, il ne demandait rien et ne se plaignait de rien ; il encourageait les autres, persuadait les prisonniers que le fugitif serait retrouvé et eux-mêmes libérés. 
« Comme ils étaient déjà très affaiblis, ils récitaient les prières à voix basse. À chaque visite, tandis qu’ils étaient presque tous déjà étendus sur le sol, on voyait le P. Maximilien debout, ou à genoux au milieu, et son regard serein se posait sur les arrivants. Les gardes savaient qu’il s’était proposé lui-même, ils savaient aussi que tous ceux qui mouraient avec lui étaient innocents, c’est pourquoi ils avaient du respect pour le P. Kolbe et se disaient entre eux : “ Ce prêtre est tout à fait un homme d’honneur. Jusqu’à présent nous n’en avons pas eu un comme lui ”. » (…) 
« À la fin de la troisième semaine il en resta seulement quatre, parmi lesquels le P. Kolbe. Les autorités trouvaient que cela se prolongeait trop, on avait besoin de la cellule pour d’autres victimes. 
« C’est pourquoi un jour (le 14 août), on fit à chacun une piqûre intraveineuse de poison au bras gauche. Le P. Kolbe priait, et de lui-même il tendit son bras au bourreau. Ne pouvant supporter ce spectacle, je prétendis que j’avais du travail au bureau, et je sortis. 
« Le garde et le bourreau partis, je revins à la cellule, et j’y trouvai le P. Kolbe assis, appuyé au mur, les yeux ouverts, la tête inclinée sur le côté gauche (c’était son attitude habituelle). Son visage était calme, beau, et rayonnant. (…) » 
Ricciardi conclut : « Le P. Maximilien mourut le 14 août 1941, veille de la solennité de l’Assomption, cette entrée dans la gloire de celle qu’il appelait “ Petite Mère ”. « Son pauvre corps lui-même, martyrisé, consumé, nu, parut ce jour-là comme transfiguré et lumineux. (…) “ Quand j’ouvris la porte de fer, il avait cessé de vivre ; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d’une manière insolite, les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l’oublierai jamais. ” » (…) 

Une théologie mariale qui mérite d’être connue !

Quelques heures avant son arrestation, il écrit, le 17 février 1941 : " Immaculée Conception : ces mots sont sortis de la bouche même de l’Immaculée ; donc ils doivent montrer de la façon la plus précise et la plus essentielle qui elle est" [4] Le père Manteau-Bonamy précise que Maximilien Kolbe avait toujours été saisi par la déclaration de la Vierge Marie à Lourdes. [5] le père Kolbe écrit : " A la soudaine demande : " Qui est l’Immaculée ? il n’est pas possible de donner une réponse complète, car cela dépasse l’intelligence humaine…elle est la Mère de Dieu et se déclare l’Immaculée. Dieu en se manifestant à Moïse, dit de Lui-même : " je suis celui qui suis", c’est-à-dire l’existence même. La Vierge Marie, à la demande de Bernadette, répond : " Je suis l’Immaculée Conception". Voilà la définition de l’Immaculée. [6] A partir de cette définition de l’Immaculée, Kolbe permet de comprendre le lien entre la conception incréée, qui est l’Esprit saint, et la Conception créée, qui est Marie. 
Il faut croire que c’est une partie du message marial de Maximilien, car ses derniers écrits avant son arrestation expliquent ces points théologiques, avec une grande clarté : " la Troisième personne de la Sainte Trinité n’est pas incarnée. Mais notre mot humain, " épouse", n’arrive pas à exprimer la réalité du rapport de la Vierge Marie avec l’Esprit Saint. On peut affirmer que l’Immaculée est, en un certain sens, " l’incarnation" de l’Esprit-Saint. En elle, c’est l’Esprit Saint que nous aimons, et par elle, le Fils. Le Saint Esprit est très peu connu" ( Conférence du 5 février 1941, quelques jours avant son arrestation) [7]
Maximilien Kolbe a bien conscience que Marie n’est pas Dieu, mais qu’elle est le chef d’oeuvre de Dieu. Sa théologie mariale anticipe celle du concile Vatican II, en mettant en lumière le rôle de l’Esprit Saint dans la conception Immaculée : 
" Cette union entre la Vierge et l’Esprit Saint est si inexprimable, mais si parfaite, que le Saint Esprit agit uniquement par Marie, son épouse. D’où elle est médiatrice de toutes les grâces du Saint Esprit. Et du fait que chaque grâce est le don de Dieu le Père par le Fils et le Saint Esprit, il s’ensuit qu’il n’y a pas de grâces qui ne soient la propriété de l’Immaculée, qui ne lui soient données pour qu’elle en dispose librement. ( 28 Juillet 1935 : lettre au frère Salezy Mikolajczyk) 
Dans l’esprit du concile Vatican II et de la déclaration sur la place de Marie dans l’Eglise, Kolbe, avec le vocabulaire de son temps, voit bien en Jésus l’unique Médiateur, et montre bien que Marie, loin de faire écran entre Jésus et nous, est au contraire celle qui nous guide vers Lui. N’est-ce pas depuis toujours son attitude : " faites tout ce qu’Il vous dira" ; Maximilien-Marie Kolbe, Martyr de l’Amour, l’a vécu aussi bien dans ses écrits que dans sa vie. 
Voici, glanée dans ses écrits spirituels, sa recette de sainteté : « v égale V. C’est la formule qu’il donne et explique longuement. En peu de mots, elle signifie : « Si je veux ce que Dieu veut, je serai un saint. » 

kolbe

Martyr de la Charité

" La mort de Maximilien, un signe de victoire 
La mort de Maximilien Molbe est devenue un signe de victoire. Ce fut une victoire sur tout mépris systématique et sur toute haine envers l’homme et ce qui est divin en l’homme, une victoire comme celle gagnée par notre Seigneur sur le Calvaire. 
"Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande" ( Jean-15:14) L’Eglise accepte ce signe de victoire-gagnée par le pouvoir rédempteur du Christ-avec révérence et gratitude. Elle cherche à discerner son éloquence avec humilité et amour ; 
Comme toujours lorsque l’Eglise proclame la sainteté de ses fils et de ses filles, comme aussi dans le cas présent, elle cherche à agir avec toute l’exactitude et la responsabilité requises, cherchant dans tous les aspects de la vie et de la mort du Serviteur de Dieu. 
Et tout autant l’Eglise doit être attentive, quand elle lit les signes de sainteté donnés par Dieu dans son Serviteur, à ne pas laisser échapper sa pleine signification et son message ultime. Et donc, en jugeant la cause du Bienheureux Maximilien Kolbe même après sa béatification, il était nécessaire de prendre en considération beaucoup de voix du peuple de Dieu- surtout nos Frères dans l’épiscopat de Pologne et d’Allemagne-qui ont demandé que Maximilien Kolbe soit proclamé un Saint Martyr. 
Devant l’éloquence de la vie et de la mort du bienheureux Maximilien, il est impossible de ne pas reconnaître ce qui semble constituer l’élément principal et essentiel du signe donné par Dieu à l’Eglise et au monde par sa mort. 
Est-ce que cette mort- affrontée spontanément, pour l’amour de l’homme-ne constitue pas un accomplissement particulier des mots du Christ ? cette mort ne fait-elle pas de Maximilien particulièrement ressemblant au Christ- le Modèle de tous les Martyrs- qui donne sa vie sur la Croix pour ses frères ? Cette mort ne possède-t-elle pas une éloquence particulière et profonde pour notre époque ? Cette mort ne constitue-t-elle pas un témoignage particulièrement authentique de l’Eglise dans le monde moderne ? 
Donc, en vertu de mon autorité apostolique, je décrète que Maximilien Marie Kolbe- qui après sa béatification était vénéré comme Confesseur de la Foi, soit désormais aussi vénéré comme un Martyr. 
" Précieuse aux yeux du Seigneur est la mort de ses fidèles !" Amen [8
Un autre bienheureux, le père Jerzy Popielluzko, béatifié par Benoît XVI en 2010, s’incrira dans cette lignée…Il portait sur lui sans cesse le chapelet offert par le pape Jean-Paul II en encouragement pour son combat et ne put sortir de Pologne en 1982 lors de la canonisation de son héros et compatriote Maximilien, ce qui fut une souffrance pour lui, car les autorités lui avaient refusé son visa. Kolbe était pour lui le modèle de l’homme libre spirituellement malgré l’emprisonnement. Jerzy avait choisi le séminaire de Varsovie, d’après sa maman, parce qu’il était proche de Niepokolanow, et souvent, Jerzy avait emmené ses amis visiter la Cité de l’Immaculée. Il avait repris à son compte la devise de Kolbe : " Pour rester des hommes libres, nous devons vivre dans la vérité". [9
Popielluzco aurait aimé se rendre sur la place Saint Pierre à cette occasion, mais les évènements politiques en Pologne à l’époque faisaient de lui déjà la cible de la police d’état qui l’assassinera dans des conditions effroyables en 1984, en sanction de ses " messes pour la patrie" dans lesquelles ce jeune prêtre de 38 ans redonnait espoir aux Polonais privés de liberté. Martyr comme Kolbe, Popieluzsco rejoint le père Kolbe spirituellement…ainsi que Jean-Paul II. 

P. Gabriel Jacquier, La Vie mariale

P. Gabriel Jacquier, La Vie mariale

Père Gabriel Jacquier, la Vie mariale

A partir de 1935, le père Gabriel Jacquier prend l'habitude de consigner sur de petits carnets noirs les lumières qu'il reçoit dans son oraison sur cette union de l'âme à Marie. Il a le projet d'en faire un livre qu'il voudrait intituler « Notre Filiation divine en Marie » (et qui seront publiés après sa mort sous le titre « La vie mariale »[1]).
« In sinu Mariae » : dans le sein de Marie, fut la formule préférée[2] dans laquelle il avait condensé tout le sens pratique de sa doctrine mariale, et il la considérait comme l'équivalent de cette autre : Dans le Cœur de Marie. On peut rapprocher cette expression de l'image du « moule » chez saint Louis-Marie de Montfort : il s'agit de fondre le vieil homme pour être formé en Marie, et de vivre une tendre dévotion, pleine de confiance, il s'agit d'être formé par Marie à la filiation divine (notre esprit filial ne s'arrête pas à Marie, mais, par Marie, il s'agit d'être réellement des fils de Dieu, et d'appeler réellement Dieu notre Père).
« Au début, l'âme doit mettre en jeu son organisme naturel et surnaturel pour aller à Dieu, afin de témoigner de sa bonne volonté » [3]
Un peu plus tard, « lorsque l'âme a été introduite dans la voie passive, elle doit abandonner toute initiative personnelle »[4]
« La Vierge prendra en son temps l'initiative de tout.
Elle doit devenir de plus en plus la vie de l'âme ce qui suppose que l'âme renonce à sa propre vie, dans le silence absolu, dans le support de tous les coups intérieurs et extérieurs. » [5]
« Soyons sûrs de notre Mère.
Elle nous infusera l'Amour dans la mesure où nous serons livrés.
Alors elle se servira de nous pour honorer Dieu en tel ou tel de ses mystères, pour le servir en telle ou telle œuvre apostolique et charitable.
Livrons-nous à Marie avec la simplicité des tout petits pour lui procurer le bonheur tout maternel de nous infuser l'amour de Dieu et des âmes. » [6]
« Il se peut qu'au début de cette union mariale nous n'ayons pas conscience de notre union à la Trinité en Marie. Qu'importe! Dieu n'a que faire de nos petits actes. Ce qu'il nous demande, c'est de nous abandonner en simplicité à son plan salutaire.
Perdons-nous en Marie et là nous serons sous l'influence divine. D'ailleurs, ne faisant qu'un avec Marie (l'embryon dans le sein maternel), ses actes, ses intentions, son amour sont nôtres, et en nous perdant ainsi en elle, au lieu d'offrir à Dieu nos petites aspirations, nous communions à celles de Marie, ce qui est bien plus glorieux pour notre Père.
Marie est notre suffisance pour tout, comme la mère pour l'embryon. Ah! soyons sûrs de notre Mère; ne comptons pas sur nos actes pour nous approcher de Dieu, du Dieu trois fois saint. Communions à Marie, et ça suffit. Tout désir de se rendre compte consciemment des opérations mystérieuses de Marie en nous et avec nous, est de la recherche d'amour-propre, et un manque de Confiance en notre Mère. [...]
Elle est en nous, spirituellement présente, et nous sommes en elle, et c'est en elle que nous possédons Dieu. Vivons donc par la foi dans le Cœur de notre Mère : [...]
Elle est en moi, je suis en elle, et par une intimité supérieure à celle qui existe entre la mère et le petit qu'elle porte en son sein ; ici, il n'y a qu'une union matérielle; là, il y a communion spirituelle. Oh! si nous y pensions ! "Je suis dans le Cœur de Marie", ma Mère, si tendre et si puissante. »[7]
Cette doctrine mariale a aussi des conséquences sociales et politiques[8], c'est tout un plan de salut qui se met en route, pour nous et pour le monde entier.
A travers ces lignes, nous sentons que le Père Jacquier a vu le lien entre la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et celle de saint Jean de la Croix :
« Dans ce rien si bien enseigné par saint Jean de la Croix, on est disposé à recevoir la vie, dont notre Mère est remplie pour nous. »[9]

[1] Père Gabriel Jacquier, Les Carnets noirs, Procure des religieux de St. Vincent de Paul, 75015 Paris, 1988. Nihil obstat et Imprimatur avril 1953.
[2] Formule empruntée aux auteurs médiévaux.
[3] P. Gabriel Jacquier, Les Carnets noirs, [3]
[4] P. Gabriel Jacquier, Les Carnets noirs, [3]
[5] P. Gabriel Jacquier, Les Carnets noirs, [3]
[6] P. Gabriel Jacquier, Les Carnets noirs, [3]
[7] Père Gabriel Jacquier, Les carnets noirs, [7] et [8])
[8] Père Gabriel Jacquier, L'ordre social chrétien, éditions du Lion, Lyon 1995 (première édition au « Règne social de Marie », 29 rue de Lourmel, Paris, 1939)
[9] Les Carnets noirs, Procure des religieux de St. Vincent de Paul, 75015 Paris, 1988. Nihil obstat et Imprimatur avril 1953., p. 24

Synthèse F. Breynaert

domingo, 13 de agosto de 2017

The Soul's Awareness of Jesus Christ TAKEN FROM HOLY COMMUNION by St. Peter Julian Eymard

MOTHER MARY

BAR
The Soul's Awareness of Jesus ChristTAKEN FROM HOLY COMMUNIONby St. Peter Julian Eymard
BAR

Imprimi PotestNihil Obstat and Imprimatur, 1940

Sicut ergo aceptistis Jesus Christum Dominum, in ipso ambulate,
radicati et supraedificati in ipso. ...


As therefore you have received Jesus Christ the Lord, walk ye in Him;
rooted and built up in Him. ...


(Col. 2:6, 7.)

THE interior life is to holiness as sap to the tree, as the root to the sap.

It is certain that virtue and perfection may be measured by the depth of the interior life, and that the more interior a soul is, the more it is illuminated by Divine light, the stronger in fulfillment of its duty, and happier in the service of God. Everything make sit recollected, everything profits it, everything intimately unites it to God.

The interior life may be defined as the family life of the soul with God and with the Saints; to be interior means to love enough to converse and live with Jesus.
THE SACRED SPECIES
O you who wish to live with the Eucharist, you more than others, must devote yourselves to the interior life of Jesus! hat is your goal, your grace. You must be adorers in spirit and in truth. You are the guard of honor of the hidden God. His life in the Eucharist is wholly inward. He veils His Body in It so that you may enter into communication with His Spirit and His Heart; His voice is heard only inwardly; even His virtues are hidden in order to make you penetrate to their source, His infinite and Divine love.

But how attain to this inner life which is the foundation and completion of the external life? There is only one way, and that is by recollection.
To recollect oneself means to turn from the outward to the inward life. Recollection has three stages: recollection in the thought of duty; recollection in the grace of virtue; recollection in love.

I

THE first stage of recollection is attentiveness to the voice of duty, to the law of God. What is
commanded, what forbidden by the law? Is this or that thought, desire, or action in accordance with the Divine law? The recollected conscience asks itself these questions, and its answer is our guide.

The man who is mindful of his duty watches his conscience, observing its agreement or its disagreement, its yes or its no, just as a pilot keeps his eye on the compass in order to steer a ship.

This recollection in the law is easy, because the least transgression is followed by torment and trouble of spirit, as our conscience cries out in protest: "You have done wrong!" There is scarcely any one who does not hear this voice but he who is the slave of his passions and willfully guilty of sin, who flees from himself, runs and distracts his mind in order not to hear this inner reproach and see himself as he is. The devil urges him on, attaches him to an entirely naturalistic life, makes him run a feverish round of affairs, noise, change, news. In such a state, one hears neither God nor conscience.

The only remedy lies in the grace that comes from an illness or infirmity which will confine such a person to his bed and force him to face himself, or in humiliations and misfortunes which will disillusion him and bring home to him the truth of the words of the Imitation: "All is vanity but to love God and serve Him alone." 1

Then at least live mindful of the law, recollected in conscience, and obedient to its first admonition. Do not fall into the habit of disregarding its voice and making it repeat its reproaches. Be attentive to its first warning. Bind the law of the Lord on your arm and let it be ever before your eyes and your heart.

II

THE second stage is recollection in the inner spirit of Divine grace.

In our capacity as children of God, the Holy Spirit certainly dwells in our soul, divinely commissioned to form in it the new man, Jesus Christ, by inculcating in us His virtues, His spirit, His life, in short to make Jesus Christ anew.

If then the Holy Spirit dwells in us as our Master, our Teacher, our Sanctifier, we must listen to Him, be at His beck and call, help Him in His work of transforming the old Adam into Jesus Christ. Hence it follows that it is most necessary for us to be recollected in God present in our soul. For this transformation into Jesus is accomplished gradually, and we must forward it and work toward it. It is easy to perform one virtuous act, but to make a virtue habitual, we have to practice it constantly till it becomes natural to us.

For example, you want to become humble like Jesus, or, rather, you want to reproduce the humble Jesus within you. Then declare a ceaseless warfare on self-love, on vanity, on pride in every form. And since the enemy will launch one attack after another, and has spies within the stronghold,
 ----  having won a part of you by bribery, ----  you must exercise ceaseless vigilance, watch every step in order to balk his maneuvers, and keep your weapons at hand to repel his assaults.

To make war on evil, however, is not the whole of virtue. That merely does the work of clearing and preparing the ground. It is a proof of fidelity which God demands of us at the very beginning and which frees us from the habit of sin. But virtue itself is attained only through the love and respect it inspires in us as we observe it in our Lord. It is attractive only as seen in Him and practiced for Him. We see it as an attribute of His and are drawn toward it by the sympathy of love. For whatever our friend detests is hateful to us; we love whatever he loves, imitate everything he does. To love virtue in its various manifestations is, therefore, really to acquire it. The love of a certain virtue becomes a rule of life to us, makes us strive toward it, and gives birth to it in our soul. We feel a continual need of it and are happy only when we meet with opportunity to practice it. But as occasions to practice virtue outwardly, especially heroic virtue, are seldom met with, our love of it would soon be extinguished if these exterior acts were its only nutriment. Love therefore keeps virtue alive in the depths of the soul; the mind constantly contemplates its beauty and excellence in Jesus Christ, sees it divinely embodied, and keeps in constant communication with it. For the loving and recollected soul, humility simply is Jesus meek and humble of heart; it sees Him, contemplates Him, admires Him, praises Him, loves Him, and follows Him in all His different acts of humility. It offers itself to follow His example whenever and in whatsoever manner He may will, leaving it to His goodness to furnish the necessary occasions, unconcerned whether they be frequent or rare, secret or public. The virtue of humility is in the soul's love, which is everlasting and contains in itself alone all virtues with all their various acts. Such is recollection in its second stage, recollection in the grace of the Holy Ghost, in the love of virtue He inspires in the soul.

 III

RECOLLECTION in love constitutes the third stage. The soul, having given itself hitherto to inner recollection in order to consult either its conscience or its grace,
 ----  the voice of the Holy Spirit, ----  now leaves itself to enter into God, to live in God. For that is the natural effect of love, to transport one into the beloved, so that one lives in and for him. It labors solely to please the loved one and be acceptable to him, consults, therefore, first and foremost, his thought, or influence, or desire, and, when that is not clear, even guesses it, penetrates it.

So the first thought of a soul thus recollected in its God is not to consider whether a certain act suggested to it will please or profit itself, but to consult Jesus Christ to see whether it will please Him and be to His glory. The soul is all the happier if, to please Him, it must deny itself and make some sacrifice.

This is not recollection in an act or in a virtue to be practiced, like the first two types; it is recollection in the Person of Jesus Christ Himself and in a devoted love for Him. This love being the center of the soul's life becomes also the law thereof; everything Jesus wills and desires, everything that can give Him pleasure, becomes the pure and all-absorbing passion of the heart. It is thus that a dutiful child lives for a dear father, for a tenderly loved mother; thus, too, a faithful wife, who belongs wholly to her spouse. Et ego illi2 "And I to Him."

In this stage of recollection the soul enjoys entire liberty, because it lives by the spirit of love; it belongs to everything and to nothing; everything increases its recollection, because it sees God's will in everything. This is the recollection indicated by our Lord's words at the Last Supper: "Abide in Me, and I in you. ... He that abideth in Me, and I in him, the same beareth much fruit. ... If you abide in Me, and My words abide in you, you shall ask whatever you will, and it shall be done unto you. ... If you keep My commandments, you shall abide in My love; as I also have kept my Father's commandments, and do abide in His love." 3

Thus perfect recollection consists in abiding in the love of our Lord.

Is it very difficult, and does it take long to attain to it? All depends on the love that is in the heart. When love of Jesus Christ has become an habitual thought, full of sweetness and strength, when we desire it with a holy passion, when our heart is sad without Jesus, unhappy in His absence, happy at the very thought of Him, then we are abiding in His love.

The essential thing is to make all our life contribute to this love, to render our affection for Jesus habitual, our attention to Him constant.

Finally, the facility with which we practice recollection, the peace and the sweetness we enjoy in recollection, these are Divine evidence that we possess it and that we are abiding in the love of Jesus. Manete in dilectione mea4
 ----  "Abide in My love." May our Lord grant us this love by which we shall attain to holiness and happiness in this world and in the one to come!

1. Bk. I, Ch. I, No. 3.
2. Cant. 11:16.
3. John 15:4, 5, 7, 10.
4. 
John 15:9. 

DOM GODEFROID BELORGEY SOUS LE REGARD DE DIEU INITIATION A LA VIE INTERIEURE

DOM GODEFROID BELORGEY

SOUS LE REGARD DE DIEU


 INITIATION A LA VIE INTERIEURE lire...

Un appel à la vie intérieure Conférence prononcée au Grand Séminaire de Montréal par Dom Gérard Calvet, o.s.b

Un appel à la vie intérieure
Conférence prononcée au Grand Séminaire de Montréal par Dom Gérard Calvet, o.s.b., de l'abbaye Sainte Madeleine du Barroux (11 mars 1999).
Pourquoi parler de la vie intérieure? Parce que, de plus en plus, nous nous apercevons que c'est la vie cachée, intérieure, qui ne se voit pas aux yeux des hommes, c'est elle qui opère le déclenchement des grands événements de ce monde.
Jésus-Christ a passé trente ans de vie cachée et personne ne savait qui il était, ce qu'il faisait. Pendant ce temps, il n'a pas prêché, il n'a pas missionné, il vivait en présence de son Père, il priait, il travaillait dans l'ombre de la face de Dieu. L'essentiel de notre vie, c'est d'être une braise sous la cendre; mais l'on sait que la braise, lorsqu'elle chauffe, est capable de faire un incendie.
Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus, la grande petite sainte est morte à vingt-quatre ans sans être sortie de son Carmel et elle a été décrétée " docteur de l'Église " et patronne des missions de l'Église universelle. Pourquoi ? Pour quelle raison les Papes ont-ils voulu cela, sinon précisément parce qu'elle a permis, par la force de sa profonde vie intérieure, faite de prière et d'intercession, d'être comme François Xavier mais d'une autre façon, la patronne des missions.lire...

Un Moine Bénédictin UNE RÈGLE DE VIE Éditions Sainte-Madeleine

Je voudrais maintenant que vous me disiez comment être fidèle à cette présence qui habite en mon âme. Veuillez me bénir et prier pour moi.
Leonor

L’auteur de cette lettre, décidée à entrer plus profondément dans les voies intérieures, insistait pour que je lui trace une sorte de règle de vie capable de l’aider dans les premiers temps. Emu de voir le prix qu’elle avait dû payer pour s’y préparer, et sachant combien peu d’âmes osent s’aventurer sur ces chemins, je décidai d’honorer sa demande. Telles sont les circonstances qui ont permis d’écrire ces lignes. Notre souhait serait qu’elles puissent servir à d’autres âmes d’égale bonne volonté.
Je lui posai d’abord une question : "Etes-vous résolue à employer les moyens voulus pour entrer dans la vie intérieure, et savez-vous qu’il y faut autant de courage que pour entrer en religion? Si oui, alors confiez ce saint désir à la garde de la Vierge Marie."
De trois maximes négatives
1– Il faut prendre garde de ne jamais enfermer la vie spirituelle dans les exercices qui lui sont propres. Les Sentences et Maximes de saint Jean de la Croix elles-mêmes, ne sont pas bonnes pour tous uniformément. Il faut compter avec l’inspiration du Saint-Esprit, qui est la lumière des lumières. La règle d’or de la vie spirituelle ne s’écrit pas ; tout chemin est unique : il s’agit essentiellement de correspondre à la grâce.
2– Eviter le papillonnage éclectique, qui voudrait tout lire, se pencher sur tous les auteurs, désirer tout savoir. Il y a grande sagesse à considérer quelle fut la première grâce qui nous a attirés à la vie intérieure, et à nous y tenir : par quelle onde mystérieuse notre âme a-t-elle été touchée? Parfois la beauté d’une vie de saint, un exemple de vertu, un événement chargé de sens, une parole ou un mystère de la vie du Christ, suffisent pour ouvrir une âme à la lumière. Notre unité intérieure se construit moins par un amas de connaissances successives, que par une fidélité constante à la grâce initiale. Mais cela demande une acuité de regard peu ordinaire. André Charlier disait : "La règle principale de la vie spirituelle est qu’il faut sans cesse rafraîchir le regard que nous posons sur les choses essentielles."
3– Il ne faut pas exposer aux yeux de tous le secret de votre vie intérieure. Ce qui est bon pour vous ne l’est peut-être pas pour autrui. En dogme, il faut tout croire, tout accepter. Au plan spirituel, en revanche, une grande liberté est de mise : tenez pour bon ce qui vous réussit. Un instinct secret vous avertira que vous êtes sur la bonne voie : "L’homme spirituel juge de tout et n’est jugé par rien." (2 Cor.)
Le goût de Dieu
Au-dessus de toutes les disciplines et de tous les règlements, il faut placer très haut quelque chose de primordial, qui donne son sens à tout le reste : le goût de Dieu. Saint Benoît, avant de lire la Règle des moines au postulant, lui demande si vraiment il cherche Dieu. S’il a soif de celui-là seul qui pourra le rassasier. Le don de sagesse fait goûter combien le Seigneur est doux, il éveille dans l’âme un attrait pour les vérités surnaturelles. Cette attirance explique l’histoire des âmes, c’est elle qui les conduit au cloître, qui redresse le fils prodigue et lui fait dire : Je me lèverai et j’irai vers mon Père. Je vous exhorte à cultiver ce goût de Dieu, à l’entretenir par la lecture, par la méditation et par l’oraison. Il est pour l’âme une source inépuisable de douceur. Au-dessus de toutes les joies de la terre, de toutes les consolations humaines, de tous les désastres, peut-être, et de toutes les déchéances, il y aura ce pacte secret d’amour qui vous tiendra lieu de tout.
La lecture
C’est une chose bien normale de lire pour s’instruire; lire pour nourrir son âme est plus rare. Il s’agit alors de lire et de relire lentement un livre aimé : l’Evangile, les Epîtres, l’Imitation ou les écrits des saints, ou tout autre livre capable de graver dans votre esprit quelque chose d’éternel. Gustave Thibon raconte que lors d’un voyage en avion qui emmenait des savants à un congrès de philosophie, l’un d’eux, c’était Gabriel Marcel, demanda à son voisin : "Si l’avion subissait une avanie et que votre vie soit en danger, est-ce que votre philosophie vous aiderait à vous préparer à la mort?" La réponse fut négative. C’est pourtant bien à cela que devraient nous servir nos lectures : nous éclairer et nous conforter dans nos convictions intimes. Il est recommandé de lire la plume à la main, de colliger nos idées chères sur un livre de raison, et de tapisser sa mémoire de quelques grands textes qui donnent un sens à la vie.
La méditation
La mode est passée de ces développements en trois points sur un thème donné. Mais il vous arrive de tomber en arrêt devant une phrase, ou un mot, ou bien devant une belle image dont vous avez de la peine à vous défaire. Ou encore une parole qui fait autorité et qui vous revient sans cesse en mémoire. Ce que certains appellent rêverie, il suffirait de peu pour en faire une méditation. Le mot latin meditari signifiait, pour les anciens, répéter à haute voix, mâchonner, soupeser sans cesse les mots d’un texte pour s’en nourrir et se les incorporer. Certains me disent : "Mon Père, je n’arrive pas à méditer." Mais le but de la méditation, c’est l’oraison. Certaines âmes entrent tout de suite en oraison. Saint Vincent de Paul prend leur défense : lorsque la mèche s’allume, dit-il, va-t-on continuer encore à battre le briquet?
L’oraison
On a écrit des livres sur l’oraison, on a tâché de la définir. Elle est un repos en Dieu. Si Jésus est tout pour vous, absolument tout, alors la question de la prière intérieure, qui est vitale, ne se posera plus comme un devoir mais comme un besoin. N’ayez garde d’oublier cependant qu’ici-bas, rien de bon ne se fait sans discipline, sans règle, et je dirais même sans douleur. On dit bien que la prière est la respiration de l’âme, mais cette respiration, pour les malades que nous sommes, se règle, comme la nutrition et la marche.
Alors il faut vous ménager chaque jour vingt minutes pour permettre à votre âme de respirer librement en Dieu. Existe-t-il des méthodes? Oui, et les plus simples sont les meilleures. Réciter très lentement une prière et s’arrêter à certains moments. Monsieur Olier conseillait : "Jésus devant les yeux, Jésus attiré au cœur, Jésus dans les mains." Sainte Thérèse d’Avila aimait à regarder par la foi le Christ présent dans son âme. Elle disait : "L’oraison est un échange d’amitié où l’on s’entretient souvent, seul à seul, avec Dieu dont on sait qu’il nous aime." Et le Père de Foucauld : "Prier, c’est penser à Jésus en l’aimant."
Enfin Bossuet : "Il faut s’accoutumer à nourrir son âme d’un simple et amoureux regard en Dieu et en Jésus-Christ notre Seigneur; et, pour cet effet, il faut la séparer doucement du raisonnement, du discours et de la multitude d’affections, pour la tenir en simplicité, respect et attention, et l’approcher ainsi de plus en plus de Dieu, son unique et souverain bien, son premier principe et sa dernière fin."
L’oraison jaculatoire
Quand votre âme, pour quelque raison, ne pourra plus prier à la façon réglée et organisée qui vous était habituelle, elle devra s’élancer vers Dieu dans un mouvement libre et affectueux, et ces élans successifs vous disposeront à ce sommet enviable qu’est l’oraison de simplicité. Certains auteurs font peu de cas de l’oraison jaculatoire; ils y voient une sorte de parent pauvre de la prière, à l’usage des gens du monde incapables de se concentrer. Mais la prière n’est pas une concentration de l’esprit. Elle est un regard amoureux, un repos, un abandon de l’âme au-dessus des agitations. Une seconde nature. "Le moine, disait Jean Cassien, commence réellement à prier quand il ne s’aperçoit plus qu’il prie." C’est là l’union continuelle à Dieu qu’ambitionnent les saints, et qui marque l’entrée dans la vie mystique.
Le Rosaire
Réciter chaque jour les cinq dizaines du chapelet qui composent, le long de la semaine, la série des mystères du Rosaire, est un appoint considérable pour une recherche de vie intérieure. Et cela, non pas tant en vertu d’une plus grande quantité de prière, que par la grâce des mystères qui vous accompagnent tout au long des jours. Léon XIII fait remarquer que, par la série des mystères joyeux, douloureux et glorieux, l’âme repousse les trois maux qui entravent sa marche vers Dieu: le dégoût des humbles devoirs de la vie quotidienne (mystères joyeux); l’aversion pour la souffrance (mystères douloureux); l’oubli des biens éternels (mystères glorieux). Peu à peu les phases de la vie du Christ et de sa Mère feront partie de votre âme, et vous les sentirez comme un parfum qu’on respire. Ne vous évertuez pas à conscientiser la répétition des Ave Maria; ils sont là pour soutenir un regard contemplatif sur la beauté surnaturelle de la Vierge.
D’autre part, le saint Rosaire, comme la manne des Hébreux, s’adapte au goût de chacun: la vertu de chaque mystère correspond à la grâce dont nous avons besoin pour continuer notre route. Dom Chautard voyait dans le chapelet un échange de regards doux et affectueux entre l’enfant et sa Mère. Le Père Vayssière, formé par la récitation du Rosaire, disait : "Nous devons nous perdre, nous ensevelir dans l’incomparable tendresse de Marie et là y vivre, y respirer dans une foi totale, une confiance et un abandon absolus."
Confession et communion
Deux actes sacramentels vous accompagnent tout au long de votre vie : la confession et la communion. Pour la confession, voici quelques indications : si possible, soyez fidèle à vous confesser au même prêtre. Soyez brève dans vos accusations et précise dans les circonstances qui les entourent. Confessez-vous régulièrement en réveillant dans votre âme la contrition et le ferme propos. Ne cherchez pas à établir un dialogue. Avec les yeux de la foi, regardez dans le prêtre ce que Dieu a fait de lui par l’ordination sacerdotale : un juge, un médecin et un père. Juge, parce qu’il reçoit vos accusations et les juge dignes de l’absolution (il ne juge pas votre âme où seul pénètre le regard de Dieu). Médecin, parce qu’il vous dira le moyen de réparer les fautes commises. Père, car il vous exhorte avec douceur au courage et à la confiance.
Quant à la communion eucharistique, il faut savoir que les fruits qui en dépendent sont en relation directe avec l’idée que l’on se fait de la messe. L’hostie consacrée à la messe est Jésus-Christ en personne; mais on ne dit pas assez que le Seigneur Jésus est présent sur l’autel comme victime d’un sacrifice, et que c’est à la victime que nous communions, dans l’acte même de son oblation sacrificielle : voyez quelle exigence cela suppose dans la conduite de votre vie quotidienne, dans l’acceptation des épreuves que vous traversez et dans l’esprit d’offrande qui doit dominer sur tous vos états d’âme.
La prière liturgique
Ayez la plus grande estime pour les actions qui appartiennent en propre à la sainte Eglise : chants, signes, formules sacramentelles où s’expriment non des sentiments humains individuels subjectifs, marqués par les temps et les circonstances, mais la pensée éternelle de Dieu.
Le plus vénérable de ces monuments de la piété chrétienne est la messe latine et grégorienne selon l’ancien rite. Ayez sous les yeux une traduction qui vous permette d’en saisir toute la richesse, et tâchez d’en garder en vous la substance : vous puiserez là quelque chose d’inexprimable, supérieur à toute parole humaine.
Considérez le missel comme le manuel par excellence du chrétien. L’agencement des textes empruntés à la sainte Ecriture, tels que vous les offre la liturgie du jour, donne à votre lecture une valeur supérieure à ces mêmes textes si vous les aviez choisis de votre propre mouvement : c’est l’Eglise qui vous les présente pour les besoins de votre âme, c’est elle, cette "grande mère l’Eglise aux genoux de laquelle j’ai tout appris" (Claudel), qui les insère dans le cycle des mystères du Christ. Les textes et les rites sacrés vous apprendront en outre la révérence profonde que l’âme doit ressentir en présence des choses divines. Qu’il s’agisse du déroulement somptueux d’une messe solennelle, ou de la plus humble bénédiction du rituel pour un enfant malade, c’est la même grandeur d’inspiration qui transparaît. C’est par cette attention et cette estime envers les actes relevant en propre de l’Eglise, que se forge une âme catholique.
Les intercesseurs
La règle de la prière chrétienne implique le recours à l’intercession des saints, en particulier celle de notre patron de baptême, des saints protecteurs des nations, et des anges gardiens. Mettre plus haut que tout le Sacré-Cœur, notre grand Ami, animé envers nous d’un amour infini, auquel nous pouvons tout demander. Marie Médiatrice que nous ne séparons pas de son Fils et qui nous conduit à lui en ligne droite. N’oublions pas les saints Anges, cette armée céleste si puissante, toujours prête à nous secourir : "Tout ce qui paraît vide est rempli des Anges de Dieu, et il n’est rien qui ne soit habité par la circulation de leur ministère." (Saint Hilaire). N’omettez pas la prière quotidienne à votre ange gardien, ce frère du Paradis qui veille sur chacun de nous depuis notre naissance.
Enfin n’hésitez pas à recourir aux représentations de la Vierge et des saints en vous souvenant qu’il y eut aux premiers temps de l’Eglise des chrétiens qui acceptèrent de mourir martyrs pour les saintes images. Aimons les images, non pour y rester fixés, mais pour les dépasser. Elles sont comme les barreaux d’une échelle : les pieds ne montent que s’ils quittent le barreau sur lequel ils s’appuient. Les images, statues, icônes sont les fenêtres du Ciel destinées, dans le sillage de l’incarnation du Verbe, à nous ravir à travers les choses visibles dans l’amour des choses invisibles.
La direction spirituelle
Deux mille ans d’expérience constatent que depuis que Dieu s’est fait homme, c’est par les hommes que les hommes sont conduits vers Dieu. Mais il n’est pas donné à tous de rencontrer un directeur sûr et éclairé, capable de conduire les âmes dans les voies de Dieu. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus n’en a jamais eu. Il est manifeste que Dieu voulait l’éclairer directement pour qu’elle enseigne aux âmes la voie de l’enfance spirituelle. Mais dès les premiers âges de l’histoire de l’Eglise, la tradition témoigne pour une paternité spirituelle du prêtre sur les fidèles. Cette direction doit être ferme, prudente et respectueuse envers le mystère des âmes. Sainte Thérèse d’Avila insiste pour que le père spirituel ait un jugement droit, de l’expérience, et qu’il soit un homme de doctrine. L’utilité du père spirituel se manifeste surtout au moment où le progressant, sevré de la piété sensible, entre dans la nuit des sens. Cette phase de la vie d’oraison étant parfois très éprouvante, le directeur devra discerner avec soin les trois signes indiqués par saint Jean de la Croix, qui marquent l’entrée dans la voie illuminative :
– ne trouver de goût et de consolation ni dans les choses divines ni dans les choses humaines;
– garder en soi un vif désir de servir Dieu et la crainte de lui déplaire;
– difficulté dans la méditation discursive et attrait pour l’oraison de simple regard.
Le devoir du dirigé tient en deux mots : ouverture d’âme et docilité. On connaît le mot de saint Bernard : "Celui qui se dirige par lui-même se fait le disciple d’un sot." On lit dans le mémorial de Pascal ce mot lapidaire : "Obéissance absolue à mon directeur."
La dépendance envers le père spirituel jouit de nombreux avantages : elle débarrasse l’âme de ses scrupules, écarte les illusions, mortifie la volonté propre. Enfin, l’obéissance au directeur virilise la vie spirituelle et la dispense des analyses et des retours sur soi qui nuisent grandement à la vie de l’âme. Rappelez-vous les sobres paroles de saint Louis à son fils : "Confesse-toi souvent et choisis des confesseurs vertueux et savants, qui sachent t’instruire de ce que tu dois faire ou éviter, et donne à tes confesseurs de te reprendre et de t’avertir librement." Le démon en effet ne craint rien tant que l’ouverture d’âme, et certaines tentations humiliantes trouvent là leur dernier remède.
Le devoir d’état
D’un trait de sa manière, Blaise Pascal a tout dit sur la gravité du devoir d’état : "Faire les choses petites comme grandes à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous et qui vit notre vie, et les grandes comme petites et aisées à cause de sa toute-puissance." Il y a deux principes autour desquels s’articulent et se distribuent les actions de votre journée : le devoir d’état et la charité envers vos plus proches. C’est toujours en dépendance de cette double exigence que vous placerez lecture et oraison. A vouloir intervertir l’ordre des choses, on risque de verser dans l’illusion. Votre mari et vos enfants doivent vous trouver toujours disponible. Réfugiez-vous alors dans l’instant présent. Richesse de l’instant présent : le passé n’existe plus, l’avenir n’existe pas encore, mais l’instant présent nous relie immédiatement à la présence éternelle de Dieu.
L’examen de conscience
Je transcris pour vous ce que disait le Père Emmanuel aux âmes dont il avait la charge : "L’examen de conscience, c’est un regard que nous jetons sur notre âme, à la ressemblance du regard que Dieu y jettera au moment de notre mort. Alors le Bon Dieu approuvera ce qui sera bon, réprouvera ce qui sera mauvais, et selon que nous l’aurons mérité nous mettra au ciel, au purgatoire, ou en enfer. Il y a un autre moyen qu’on appelle l’examen particulier, et qui ne roule que sur un seul point. Comment notre âme a-t-elle pratiqué telle vertu? Comment a-t-elle travaillé à corriger tel défaut? Comment a-t-elle pratiqué tel de ses devoirs? L’examen particulier est d’un très puissant secours à l’âme. Il faut le faire tous les jours, et très attentivement. Je promets le ciel, et un haut degré de gloire dans le ciel, à qui fera bien tous les jours l’examen particulier." Apprenez à vos enfants à faire de même chaque soir avant de réciter l’acte de contrition, au moment de la prière en famille.
Rappelez-vous ce que disait Dom Romain : "Les deux grands obstacles à la vie intérieure sont les défauts mal reconnus et les fautes mal réparées."
L’état de mariage
Ne vous étonnez pas si vous ressentez parfois une nostalgie de la virginité consacrée : c’est là le plus haut degré parmi les états de vie auxquels nous convie Notre-Seigneur dans l’Evangile. Il y a chez toute femme à la fois un attrait pour la maternité, et une secrète attirance pour l’état des vierges. Cela vient du caractère mystérieux et profond de la vocation de la femme. Sans doute l’état de mariage appartient-il à la voie commune, mais il ne doit jamais apparaître comme une voie facile qui dispense de la perfection. Tout est dit dans Casti connubii de Pie XI. L’Eglise rappelle l’austère devoir; Dieu donne la grâce. Voici ce qu’en dit Louis Veuillot : "Vous trouverez que l’Eglise se mêle de beaucoup trop de choses : nous la bénissons, nous autres… car elle impose un temps d’attente, de réflexion, un confesseur, la prière : le mariage est un état saint, il faut y entrer avec tremblement, non comme dans une partie de plaisir, mais comme dans une voie de devoir, âpre quelquefois, toujours laborieuse, douce seulement comme le reste des choses de la vie, à force de sacrifice."
La mortification
Il faut exercer une surveillance constante sur le lourd handicap qui grève depuis le péché originel notre nature blessée. En pratique, gardez bien en mains les rênes qui maîtriseront, parmi vos défauts habituels, quatre défauts piaffants. Je les nomme : le "petit orgueil", la paresse, la gourmandise, la luxure. En maîtriser un, c’est les assagir tous. Ajoutez les efforts de patience, l’égalité d’âme, l’acceptation de vos maux et des contrariétés. Il y a là une somme de mortifications invisibles. Mais c’est l’amour-propre et la susceptibilité qui seront vos grands ennemis. Prenez les joies que Dieu vous donne, mais ayez souci de ne vous rechercher en rien. Faites tout pour la gloire de Dieu. C’est la méthode des saints.
La bonne humeur spirituelle
Celle qui devait devenir la fondatrice de l’abbaye Sainte-Scholastique de Dourgne recevait directement de Notre-Seigneur le secret de la conduite des âmes. Voici ce qu’elle écrivait à ce sujet : "L’union complète avec Dieu. C’est le plus haut point de la terre comme ce sera au Ciel le plus haut degré de notre félicité éternelle. Mais ces jours-ci, Il me révèle très à fond toutes les difficultés que les âmes y apportent… comme elles se trompent, comme elles s’embarrassent, comme elles s’illusionnent. Lui, au contraire, nous tend les bras, voilà toujours son attitude. Que c’est beau! Mais, lors même que nous ne nous détournons pas, lors même que nous souhaitons cet embrassement divin de notre âme avec Dieu, nous nous imaginons mille difficultés; notre pauvre imagination en crée, le démon suscite des pierres sur le chemin, nous tombons et pleurons à terre au lieu de nous relever pour courir au plus vite dans les bras de Jésus, l’Epoux le plus beau, le plus fidèle, le plus aimant, qui nous attend, qui nous invite, qui nous presse d’arriver…
"Il me disait me montrer ces choses pour que plus tard, je pusse L’aider à élargir les âmes, à les débarrasser, à leur montrer comme elle est simple, la voie de la perfection et de l’amour… Il me montrait aussi comment on devait envisager les tentations, qu’elles ne devaient pas nous effrayer, qu’il fallait les mépriser et continuer avec la même tranquillité, Il demande beaucoup de paix, Il ne veut pas que l’on se trouble jamais : Il me dit qu’Il aime mieux une âme qui tombe et qui se relève avec confiance et plus de courage et de calme en Lui, qu’une âme qui s’entoure de troubles et d’anxiétés." N’oublions pas que les anciens mettaient la tristesse au nombre des péchés capitaux.
Le saint abandon
Au milieu des épreuves et contrariétés d’une épouse et d’une mère de famille prend place, hélas! vous me l’avez dit bien souvent, une sorte de découragement sinon de désespoir grandissant. Mais le terrible quotidien comporte un cri d’appel à la Sainte Espérance. On observe que la deuxième vertu théologale n’est jamais aussi parfaite que lorsqu’elle se nourrit de nos échecs et de nos déconvenues.
Elle nous conduit alors doucement au saint abandon. Il y a là un secret que tous ne connaissent pas et qui opère dans l’âme un desserrement de l’effort pour laisser Dieu agir plus parfaitement. Vous le pratiquez sans le savoir quand vous abandonnez à Dieu la conduite des événements dont la maîtrise vous échappe, soit dans l’ordre matériel, soit surtout dans l’ordre du progrès spirituel. Telle est la règle de la donation de soi-même à Dieu : "abnégation la plus profonde, dit le Père Rousselot, car au-delà de la joie ravissante de se donner, il y a celle de l’abandon pour l’opération du don même." Rappelez-vous l’image bien connue de la petite barque amarrée au quai. Survient une tempête, elle est vite fracassée contre cette paroi de béton à laquelle elle ne peut échapper. Au contraire si la barque est détachée, elle monte et descend au gré des vagues, mais demeure intacte. Faites de même.
La charité fraternelle
Aimer, c’est vouloir le bien de ceux qu’on aime. Lorsque vous sentez votre âme dans un étau, sachez que votre mari et vos enfants ont besoin de votre gaieté et de votre sourire. L’oubli de soi en est la condition. Et la règle de la charité tient en trois mots : se dévouer, se supporter, se pardonner. Une longue pratique de la vie en communauté place les moines de plain- pied avec l’existence que mènent en famille nos frères du siècle : nous savons ce que vous portez. Mais j’ajouterai ceci : c’est l’ouverture d’âme qui sécrète la confiance, la détente, l’amour. Sans elle, comment desserrer l’étau de l’égoïsme? Comment échapper à la rancune et à la rancœur? C’est pourquoi il faut croire de toutes ses forces au bien qui réside chez les autres, à la bonne volonté qui se cache dans les cœurs; il suffit parfois d’un courant de sympathie pour percevoir la beauté d’une âme, pour lire dans les yeux de vos enfants un reflet de la tendresse de Dieu.
La préparation à la mort
Saint Benoît recommande d’avoir chaque jour l’idée de la mort devant les yeux. Non pas une idée morose qui empoisonnerait les moindres joies de l’existence, mais l’idée bienheureuse de notre passage en Dieu qui est la joie au-dessus de toutes joies.
Tâchez de vous accoutumer chaque soir à ce saint exercice qui vous donnera paix et tranquillité d’âme. Comme vous paraîtront vains alors les tracas et les brouilleries. On acquiert ainsi une grande liberté intérieure, et notre marche se fait plus allègre à mesure que se rapproche l’instant de la rencontre. Le premier bienfait sera d’exorciser la peur. Péguy fait dire à sa Jeannette de Domrémy : "Quand je joue aux boquillons sur le chemin, et que mon père m’appelle à la maison, je n’ai pas peur de mon père." Le second sera d’aiguiser en nous le désir de Dieu. Le désir de voir Dieu, d’entrer dans la plénitude de Dieu, est sous-jacent à tout l’ensemble de l’Evangile. Etre sauvé ne signifie pas seulement échapper aux griffes du démon, mais connaître Dieu comme il se connaît. Or il ne convient pas que Dieu se donne à une âme qui ne le désire pas suffisamment.
Redites souvent en vous-même cette phrase lapidaire de saint Paul : "Mihi vivere Christus est et mori lucrum. Pour moi, vivre c’est le Christ et mourir m’est un gain." Et l’admirable formule de la préface des défunts : "Tuis enim fidelibus, Domine, vita mutatur, non tollitur. Pour vos fidèles, Seigneur, la vie est changée, mais elle n’est pas ôtée."
Les coups de la souffrance donnés à notre corps sont comme les coups de bec du poussin enfermé dans l’œuf : dans quelques instants ce sera le jour!
La vie intérieure
"Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, dit Notre-Seigneur, et le reste vous sera donné par surcroît." (Mat. 6, 32)
"Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous." (Luc 17, 21)
Il est clair que selon ces paroles, le Royaume signifie une intime amitié avec Dieu. Il y a dans le monde une dose d’inconscience et de médiocrité qui ne peut être compensée que par des âmes éprises de vie intérieure. Voici comment Dom Delatte posait la question : "Croyez-vous que le Seigneur ait donné son sang pour obtenir ce que le monde lui donne? Des âmes baptisées, allant de chute en chute, usant leur vie dans l’éloignement de Dieu, dans des efforts intermittents suivis de rechutes plus lourdes, jusqu’à ce qu’enfin épuisées, brisées par leurs chutes, elles s’endorment avec l’absolution et l’extrême-onction… Croyez-vous que le Seigneur n’ait pensé qu’à cela et à cette fin prosaïque? Jugez-vous que cela soit suffisant pour répondre à l’Incarnation et à la Rédemption? Nous n’avons pas été aimés à demi. Dieu n’a pas usé de limitations ni de réserves. Il a épuisé toutes les ressources de son amour et s’y est mis tout entier. Il nous a tout donné et s’est donné lui-même dans son Fils. Il n’y a qu’une seule réponse à l’amour qui a fait la Rédemption, qu’une seule réponse suffisante, c’est la charité absolue, qui ne se réserve rien."
Le Père Emmanuel, au soir d’une première communion, réunit les enfants après la cérémonie et leur dit gravement : "Maintenant, vous n’appartenez plus au monde, vous appartenez à Jésus-Christ." C’est ainsi qu’il éduquait les âmes à cet éveil de la foi que nous appelons la vie intérieure.
On a trop souvent confondu vie intérieure et introspection. Mais il s’agit au contraire d’un dégagement du vieil homme, d’une candeur, d’un esprit d’enfance et d’une confiance invincible que rien ne rebute. C’est la découverte au fond de l’âme du Royaume dans toute sa fraîcheur : Regnum Dei intra vos est. "La vie intérieure, disait Dom Romain, est une irradiation de la foi dans toutes les puissances qui nous permettent de connaître Dieu, nous-mêmes et les créatures." Il lui reconnaît trois caractères : elle est nécessaire (sans elle la foi s’étiole), souveraine (elle doit dominer toute l’existence), indivisible (il ne faut pas la morceler). Ce que les Pères de la vie monastique appelaient vie contemplative, nous l’appelons vie intérieure, afin de l’étendre à toute la vie, mais c’est la même réalité. Non pas un refermement sur soi mais un rayonnement surnaturel, non pas un refuge mais un tremplin, non pas un abri mais un phare. Cultiver la vie intérieure est dans le droit fil des exigences contenues dans l’Evangile. C’est cette vie intérieure qui permettait à saint Paul de dire : "Je surabonde de joie au milieu de toutes mes épreuves." C’est elle dont Jésus parlait quand il disait : "Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance." (Jn 10, 10)
La Règle de saint Benoît
A la fois douce et exigeante, large dans ses horizons, capable d’embrasser le destin des hommes de tous les temps, et attentive envers les plus petits d’entre nous, dont elle devine les plus secrètes aspirations, la Règle de saint Benoît, il ne faut pas s’en étonner, a toujours attiré et conquis les âmes désireuses de gravir les sentiers de la voie étroite. Et l’oblature bénédictine, par-delà les murs de nos monastères, ne signifie rien d’autre que cette confiance manifestée par les familles et les sociétés envers une législation que le temps et l’expérience ont rendue capable de forger notre spiritualité occidentale. Bossuet, s’adressant aux Bénédictins de Saint-Maur dans un panégyrique de saint Benoît, leur disait: "Les mondains courent à la servitude par la liberté, vous, mes Pères, vous allez à la liberté par la dépendance." Cette dépendance qui nous lie à Dieu et nous délivre de nous-mêmes nous effraie parfois, du moins tant que nous n’y avons pas goûté, mais elle est la loi suprême des sociétés, et je vous invite à y découvrir ce je ne sais quoi de frais et de familial, d’avant le durcissement du monde, qui correspond aux premiers âges de la Chrétienté, et qu’on a appelé non sans raison le printemps de l’Eglise.
Jour après jour la lecture de la Règle unira vos moindres actions à celles de vos frères moines. Rien ne vous empêche alors de les suivre en esprit, en train de lire, ou d’écouter autour de leur Père abbé de saintes lectures, de cultiver la terre qui est l’image de la bonté de Dieu, et d’en tirer un cantique de bénédiction. Voyez-les prier et travailler dans cette sorte de grand village dont l’architecture semble monter d’elle-même vers Dieu nuit et jour avec le chant des psaumes; quelque chose qui ressemble à la paix du premier jardin où Dieu venait parler avec Adam à la brise du jour, où l’effort quotidien ne consiste en rien d’autre qu’à obéir, à s’aimer les uns les autres, à vivre et à marcher en présence du Dieu invisible. N’est-ce pas consonant avec le projet de toute âme voulant faire de son existence un commencement de vie éternelle?
Travaillons à en être persuadés. Et la règle suprême de toutes nos convictions, c’est la foi. Une foi sans cesse en éveil et sans cesse en œuvre "jusqu’à ce que le jour vienne à pointer et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs."
Réflexions sur l’oraison
Mgr d’Actros, écrivant à la princesse de Condé, fondatrice des Bénédictines de Saint-Louis du Temple, lui avait demandé comment elle faisait oraison. Pour toute réponse, elle lui ouvrit son âme avec une grande simplicité.
On verra que la plus haute règle de l’oraison est peut-être de n’en avoir pas. Le Saint-Esprit, qui trouve ses délices parmi les enfants des hommes, a tôt fait d’entrer dans une âme détachée d’elle-même et heureuse de n’être rien:
"Ce qu’il me semble? C’est que l’oraison n’est pas la science de faire des livres ni des sermons, même à soi-même…, mais un simple moyen de s’unir à Dieu, non par l’attrait de la jouissance qu’on peut y éprouver (ceci ne vaudrait rien, vous le savez mieux que moi), mais pour le mieux honorer, glorifier et aimer; car, si nous nous unissons à lui, il daigne s’unir à nous, et alors nos mouvements de cœur et tous nos sentiments acquièrent un prix qu’assurément ils n’ont pas par nous-mêmes.
"Quant à ce que je sens, le voici : d’abord une grande nullité, dont je vous avoue que je ne cherche pas à sortir; si ce n’est par quelques exclamations de cœur, telles que celles-ci : O mon Dieu! ô amour! ô Jésus! J’ajoute ensuite : je viens en votre sainte présence vous supplier d’abaisser vos yeux sur moi, tandis que j’ai la volonté, par votre grâce, d’élever les miens et mon cœur vers vous… Ensuite je me livre à quelques sentiments, ou d’amour, ou de reconnaissance, ou d’abandon. Quelquefois je ne puis me livrer à un sentiment déterminé, parce que tous s’élèvent à la fois dans mon cœur; alors ce cœur ne peut que rester immobile et s’écrier : que voulez-vous que je fasse? Je l’ignore; mais tout mon être est à vous… Ce que vous voulez que je pense, que je sente, que je vous offre, je veux le penser, le sentir, vous l’offrir… Je fais plus, je m’unis pour tout cela à votre Sacré-Cœur, et vous offre ses propres pensées, sentiments et offrandes… D’autres fois un mot de l’Evangile (je dis un mot) se présente à mon souvenir; je ne m’efforce point de réfléchir sur ce mot… il est de Jésus-Christ… il dit tout et n’a pas besoin de mes commentaires pour me pénétrer et m’exciter à vivre uniquement de ce divin ami…, ce qui me paraît le but direct de tous les moyens employés par la piété; aussi trouvé-je sans m’alambiquer l’esprit, le fond de notre sainte religion dans la réponse la plus simple du catéchisme, qui est celle-ci : Pourquoi Dieu vous a-t-il créé?… Pour le connaître, l’aimer et le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle. Il lui plaît souvent de me pénétrer de cette vérité, et de me donner la volonté d’en faire la base de ma conduite dans les différentes circonstances de ma vie.
"Il arrive aussi qu’à travers tous mes radotages de cœur, l’ami fidèle me suggère tout à coup quelques bonnes pensées dont je ressens plus d’utilité que si je m’étais épuisée et desséchée à les faire naître en moi; je ressens une espèce de certitude intérieure qu’elles viennent de lui, et je tâche de les conserver avec respect, reconnaissance et amour… Voilà, monsieur, ma manière d’oraison, si vous voulez lui donner ce nom; mais c’est son bon côté, et trop souvent le mauvais se présente; c’est-à-dire la froideur, l’ennui, la négligence, les distractions trop peu combattues; c’est ce que j’y éprouve aussi, et c’est la réponse à votre troisième question. Malgré tout, n’eussé-je répété que quelquefois mes exclamations : ô amour! ô Jésus! sans oublier Amen (que j’aime), parce qu’il est un consentement de mon cœur à toutes les volontés divines, et à tous les sentiments du cœur de Jésus; n’eussé-je fait que cela, dis-je, j’en remercie Dieu encore, parce que je ne l’aurais pu de moi-même; ensuite j’y joins tous mes regrets de l’aimer si peu et si mal, mais sans me troubler positivement, parce que je m’appuie et m’unis aux sentiments de Jésus tout amour."

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